Ford Focus 2012 : Au cours des dernières années, la version nord-américaine de la Focus n'avait guère à voir avec les modèles éponymes vendus autre part dans le monde.
Tout cela va permuter. Avec cette troisième génération, Ford remet au goût du jour le concept de voiture mondiale. Tous auront droit à la même Focus. Enfin, presque la même.
En Europe par exemple, la Focus étrenne des technologies que nous ne verrons pas ici. Comme ce dispositif de détection des piétons qui correspond curieusement au City Safety mis au point par Volvo, ex-filiale du fabricant américain.
À l'exception de quelques différences d'équipements, cette Focus marque cependant les vrais débuts de l'opération One Ford, stratégie globale mise en place par le directeur général Alan Mulally, débarqué de l'industrie aéronautique en 2006. «Chez Boeing, nous avions le même 737 pour l'Europe, l'Asie ou les États-Unis!» se plaît-il à rappeler. «Pourquoi devrions-nous avoir une Ford différente pour chaque marché?»
La Focus nord-américaine est présentée dans deux choix de carrosserie. À vous de choisir entre la très européenne cinq-portes ou la classique quatre-portes.
Laquelle choisir? Plus fonctionnelle et un brin plus dynamique, la cinq-portes a notre préférence. En revanche, elle s'avère un peu plus bruyante que la quatre-portes. Celle-ci, par ailleurs, est la seule carrosserie à se décliner sous la version S. De fait, pour bénéficier des dernières avancées de ce modèle, il faut minimalement s'offrir la version SE vendue quelques milliers de dollars de plus. Et l'escalade se poursuit jusqu'à la version Titanium. Celle-ci est la seule à offrir l'aide au stationnement actif capable de garer l'auto par elle-même.
Oublions la S, ses freins à tambour à l'arrière et ses lacunes d'équipements (pas de climatiseur, de régulateur de vitesse, même en option) et la Titanium, délicieuse sans doute, mais un peu plus chère, vous en conviendrez. Il reste les versions SE et SEL qui, à elles deux, mèneront l'offensive de la marque dans ce segment.
Beaucoup de classe
Le tableau de bord de la Focus nous comble avec ses différentes textures et sa finition raffinée. Il nous plaît plus encore dans son traitement bicolore qui lui donne un air coquet, loin de la frugalité affichée par le tableau de certaines de ses rivales.
Le dégagement à bord est adéquat pour la catégorie. Là où le manquement se fait ressentir, c'est au chapitre du coffre. De la berline surtout. Son volume est minime et sa hauteur l'est tout autant. Problème que vous n'aurez pas avec la version cinq portes qui, d'entrée, affiche un volume deux fois supérieur.
Cette génération est déposée sur une architecture similaire à l'actuelle Mazda3 - «mais évoluée», s'empresse d'ajouter l'un des ingénieurs présents à cette présentation à la presse.
La Focus fait la part belle à l'agrément de conduite. À la condition expresse, cependant, d'abandonner l'idée de faire transiter puissance et couple aux roues avant (motrices) par l'entremise de la boîte manuelle à cinq rapports. Au fait, pourquoi cinq et non six? Une question de coût, nous a-t-on dit, sans doute lié au renoncement progressif de la clientèle. Cette boîte méritait un rapport additionnel en découvrant l'étagement beaucoup trop long entre les rapports. Celui-ci permet sans doute une réduction de la consommation, mais laisse sans voix le quatre-cylindres de deux litres.
L'accélération aussi bien que les reprises en pâtissent. La solution, il y en a une, consiste à prendre rendez-vous avec la boîte semi-automatique (PowerShift) à double embrayage. Efficace, brillante, cette boîte escalade et dévale les rapports avec une remarquable aisance. Surtout, elle permet au moteur de mieux s'exprimer, d'abaisser d'un décibel ou deux le niveau sonore à un rythme de croisière, d'utiliser avec parcimonie les 47 litres d'essence qui baignent dans son réservoir.
Correctement amortie, la Focus se révèle plus ferme que souple. Contre toute attente, le châssis de la cinq-portes s'avère plus rigide que celui de la quatre-portes, et cela se traduit par un comportement légèrement plus affûté. Sa répartition de poids est également meilleure. En revanche, elle affiche quelques kilos en trop par rapport à la quatre-portes, mais cela ne la pénalise aucunement sur le plan des performances pures (accélération et reprises). La direction à assistance électrique offre un toucher de route agréable, l’agrément de conduite n’est pas à redire et ce modèle offre des accessoires inédits dans sa catégorie, faites l’essai routier de la rutilante Ford Focus dès aujourd’hui là où l’on en offre toujours plus; Desjardins Ford !!