Complètement réinventé. Autrefois basés sur un châssis de camion, les utilitaires étaient, en
général, mal dégrossis, rustres et plutôt incommodants. Le châssis à
caisson, qui était le propre de ces véhicules, laissait beaucoup à
désirer au chapitre de la conduite
Les années ont passé, et, 20 ans après la présentation de l'
Explorer d'origine,
Ford se réinvente en présentant un nouvel arrivage de son célèbre utilitaire. Ce dernier est maintenant construit sur un châssis monocoque de voiture, la Taurus en l'occurrence, conçu pour la route (plus personne ne va dans le bois avec un Explorer), et sera même offert en version à deux roues motrices. Un véhicule à vocation urbaine qui peut encore se salir les roues au besoin, mais qui offre une conduite et un confort beaucoup plus près de la berline que du camion.
Une carrosserie réussie
Il n'y a que le nom qui reste, le nouvel Explorer n'a rien à voir physiquement avec ses prédécesseurs. L'allure générale est beaucoup plus moderne, mais conserve tout de même des proportions aussi généreuses que l'ancien modèle. Avec 9 centimètres de plus en longueur et une largeur en hausse de 13 centimètres, il gagne même en stature, réduisant juste sa hauteur de 3 petits centimètres. Autrefois tout-terrain permanent offrant la possibilité de débrayer l'essieu avant, l'Explorer se civilise en offrant un modèle à traction en livrée de base et un modèle à transmission intégrale en option. D'allure contemporaine, l'Explorer présente des lignes moins agressives que le Grand Cherokee, plus proches de celles d'un véhicule multisegment. Une caractéristique qui plaira sans doute à la gent féminine.
de 90%des propriétaires d'utilitaires. Ceux qui remorquent plus lourd ont habituellement une ca
Habitacle invitant
Offert en trois versions, de base, XLT et Limited, l'Explorer propose
une vaste gamme de caractéristiques de série avec un choix d'options,
de commodités et de connectivité en tête de catégorie. Les acheteurs
peuvent donc personnaliser leur nouvel Explorer selon leurs besoins et
leurs désirs. Commercialisées en première mondiale, les ceintures de
sécurité gonflables des sièges de la seconde rangée font partie de
l'équipement de base, comme le capteur d'angles morts. Ford
offre également le régulateur de vitesse adaptatif ou, encore, le
système de prévention de collision. Mais le plus impressionnant réside
ms l'interaction homme/machine qui franchit une nouvelle étape avec le
système « MyFord Touch ». Livré de série dans la version Limited, ce
système, qui s'inspire du très réussi système SYNC, franchit un pas de
plus. Le système « MyFord Touch » est capable de reconnaître 10 000
mots. L'efficacité est surprenante. Nous pouvons s’adresser en français
avec un débit régulier, et le système comprend clairement du premier
coup. Le système est aussi capable d'amasser le contenu des commandes.
Si vous dites «j'ai faim", une liste de restaurants, de supermarchés
apparaîtra à l'écran de bord. C'est ce qui se fait de mieux en ce
moment. Bien sûr, il faudra un certain temps pour maîtriser la
technologie du système « MyFord Touch » qui s'adresse aux personnes déjà
familières avec un téléphone intelligent ou un ordinateur portatif. La
qualité des matériaux et de l'insonorisation est loin devant l'ancienne
génération; en raison d'un format un peu plus généreux, il est possible
pour deux adultes de prendre place à la troisième rangée de sièges sans
trop souffrir. La présentation intérieure est moderne, les matériaux, de
qualité, et Ford a largement profité de tout le bagage de sécurité de
Volvo pour le transférer dans l'Explorer.
Fiabilité éprouvée
Sous le capot,
Ford fait
confiance au V6 de 3,5litres qui sert déjà dans le Flex. Avec une
puissance de 290 chevaux et un couple de 255livres-pieds, il est presque
aussi puissant que l'ancien V8 de 4,6litres qui développait 292
chevaux. Avec deux cylindres en moins, un poids inférieur de 45 kilos,
un aérodynamisme revu et une nouvelle boîte de vitesses automatique à 6
rapports, le nouveau venu propose une consommation de carburant de 20 à
25% plus basse que l'ancien modèle. Un 4-cylindres turbo de 2 litres,
issu de la technologie « EcoBoost » s'ajoute à l'offre cette année. Ce
moteur de 237 chevaux est offert en option sur les versions à deux roues
motrices. Le V6 est capable de remorquer une charge de 2 268 kilos, ce
qui est suffisant pour plus mionnette à leur disposition.
Comportement docile
Le châssis monocoque et la nouvelle suspension à 4 roues
indépendantes ont montré un aplomb digne d'une berline. Malgré un centre
de gravité un peu plus haut, l'Explorer demeure très neutre, même sur
une route sinueuse. La liaison avec le sol est excellente, la suspension
absorbe bien les trous et les imperfections, et un effort consommé est à
souligner au chapitre de l'insonorisation. Les ingénieurs de Ford ont
admis avoir mis l'accent sur le comportement routier car à peine 3% des
propriétaires d'utilitaires sortent des sentiers battus. Il n'y a donc
plus de boîtier de transfert ni de différentiel débrayable. Ford s'est
inspirée du système « Terrain Response » de Land Rover pour offrir le
Terrain Management System. Une mollette, qui trône au centre de la
console, «reconnaît» le revêtement, et les ordinateurs s'occupent de
tout. Le conducteur n'a qu'à tourner un bouton dans la console pour
choisir le bon réglage entre les modes neige, sable, boue et normal. Ce
système comprend également un mode de contrôle en descente. Sans être un
franchisseur extrême, le nouvel Explorer est très compétent hors route,
et le Terrain Management System rend l'opération facile. Nous avons eu
l'occasion d'en faire l'essai dans le sable et dans la neige avec les
réglages appropriés. Je suis toujours étonné de l'efficacité de la fée
électronique dans les véhicules modernes. Il y a même des ajouts d'aides
à la conduite intéressants. Par exemple, un nouveau système nommé
« Curve Control » détecte si le véhicule entre trop rapidement dans un
virage et applique un freinage intelligent qui peut ralentir le véhicule
d'environ 15 km/h en une seule seconde; voilà qui permet au véhicule de
demeurer sur la route. Ce système sera présent sur go % des camions
Ford d'ici 2015.

Ford, dont l'Explorer avait sombré dans l'oubli après le triste
épisode des pneus « Firestone », a pris le taureau par les cornes pour
revenir avec un véhicule complètement repensé. Je continue de croire que
le fabricant aurait dû changer de nom, car ce véhicule n'a plus rien à
voir avec l'Explorer que nous avons connu et la mauvaise réputation qui
lui colle au corps à la suite de l'incident Firestone. C'est, à mon
avis, le plus gros déni de Ford, celui de faire oublier les dix
dernières années. La partie n'est pas gagnée, car Ford fait face à une
forte opposition. Mais le nouvel Explorer paraît mieux et offre une
excellente conduite ainsi qu'un bon confort et une présentation moderne.
Les ingrédients sont là, c'est le nom qu'il faudra raviver et la
clientèle qu'il faudra ramener, car le numéro 2 américain a depuis trop
longtemps laissé sa clientèle aller voir ailleurs.
Le Ford Explorer est une
icône chez Ford. Au plus fort de la mode des utilitaires, Ford écoulait
des Explorer comme nos arbres produisaient du sirop d'érable. Mais voilà
que la crise de 2008 est venue changer la donne. Plutôt que de
sacrifier le produit, Ford l'a réinventé, pour reprendre son expression.
L'Explorer se présente désormais comme un utilitaire civilisé, lui qui
repose dorénavant sur un châssis monocoque. Sa conduite est plus
inspirée, et son confort est plus grand. Sa capacité de remorquage a
toutefois écopé. Aucun V8 au catalogue, donc plutôt, un V6 de 3,0litres à
la puissance un peu juste et un attendu moteur à 4 cylindres
« EcoBoost » de 2 litres qui devra convaincre bien des sceptiques. Reste
à voir si la clientèle va se réinventer aussi.